[TRIBUNE ] Réduction des affectifs – par Daniel Benchimol, Président de DigitalPlace

Daniel Benchimol est le Président fondateur du cluster numérique DigitalPlace et le fondateur du Groupe Eurogiciel (devenu Scalian). Il est investisseur et au board de nombreuses startups et PME. Il conseille aussi quelques Présidents de Sociétés.

Il exprime son point de vue sur le management.

Il ne s’agit pas d’une faute de frappe ; il est bien question de supprimer les affectifs dans l’Entreprise (1). La psychologie du manager a changé. Nous le voyons tous les jours dans les grandes industries françaises, les grandes banques mais aussi dans les startups. Les patrons doivent répondre à des pressions fortes de compétitivité, ce qui, de fait, implique une logique froide de prise de décisions où l’affectif doit être mis de côté, voire disparaître.

Ainsi, les nouveaux managers des grandes Entreprises sont souvent des hommes (ou des femmes) neufs sans passé dans l’entreprise, sans historique de telle sorte que leur jugement est abscons pour les collaborateurs de longue date qui ont construit l’Entreprise.

Les managers des startups, eux-aussi, se trouvent confrontés à des choix cornéliens ; comment remplacer un ami fidèle avec qui on a pensé et démarré le projet mais qui est maintenant dans son champ d’incompétence. Comment le reconnaitre et le lui dire. Et pourtant, toutes les licornes qui ont réussi le clament haut et fort ; la première clé de la réussite c’est d’être entouré des meilleurs dans leur domaine ; et si on s’est trompé, il faut changer le casting le plus rapidement possible (i).

Pour autant, pour durer, ces managers doivent construire leur légitimité. Cette légitimité est un capital à constituer ; il n’est plus acquis dès le départ. Leur capital augmente ou diminue au fur et à mesure de ce qu’ils font, ou du moins, de la perception que l’on a, de ce qu’ils font.

Ainsi, le manager ne peut plus être un affectif : c’est un homme capable de contrôler ses émotions afin de mieux anticiper ses réactions pour distribuer toujours plus d’enthousiasme et d’énergie. Et pour que cette énergie se transforme en action motrice pour l’Entreprise, il faut qu’elle soit remplie d’affectivité.

Et, c’est là le paradoxe : ne pas être affectif pour prendre les bonnes décisions mais suffisamment légitimé par ses collaborateurs pour que ces derniers développent dans l’Entreprise une mobilisation affective, une appropriation physique des décisions pour être résolument impliqués dans l’action.

Et pourtant, dans nos startups et nos PME, je ne connais pas de patron qui ne soit pas affectif. Sont-ils à contre-courant ou tout simplement has been ?

Être affectif ou ne pas l’être, telle est la question ?

– Daniel Benchimol

(1) La réduction des effectifs : c’est un autre débat.

(i) Etude KPMG Mai 2018 sur l’Hyper-croissance

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By |2018-11-27T15:00:52+00:00décembre 3rd, 2018|Categories: Actualités DigitalPlace, Tribune|Tags: , , , |Commentaires fermés sur [TRIBUNE ] Réduction des affectifs – par Daniel Benchimol, Président de DigitalPlace