Pierre Fabre et BotDesign s’allient dans un consortium de blockchain en santé

Publié le 06/07/2018 par Wassinia ZIRAR, à l’université d’été de la e-santé sur ticpharma.com 

CASTRES (Tarn) (TICpharma) – Les laboratoires Pierre Fabre et la société BotDesign, spécialisée dans les chatbots santé, ont décidé de s’allier dans un consortium de blockchain en santé articulé autour du consentement du patient, ont expliqué ces deux entreprises à TICpharma, à l’occasion de l’université d’été de la e-santé.

Du 3 au 5 juillet, le centre hospitalier intercommunal de Castres-Mazamet (Chic) et l’Ecole d’ingénieurs en informatique et systèmes d’informations pour la santé (Isis) de Castres (Tarn) ont accueilli la douzième édition de l’université d’été de l’e-santé, un cru 2018 placé sous le signe de l’intelligence artificielle (IA).

Dans la galaxie numérique, la blockchain prend une place de plus en plus importante et grâce à la décentralisation et à l’inaltérabilité qu’elle offre, elle permet d’assurer l’intégrité des données cryptées et stockées sur divers serveurs (voir dépêche du 16 décembre 2016).

Cette nouvelle technologie jusqu’alors prisée par le monde de la finance intéresse désormais la santé, qui y voit un bon moyen de sécuriser, tracer et stocker ses données sensibles.

Un projet de consortium autour de la blockchain en santé est en train de naître en Occitanie, a-t-on appris à l’issue d’une table-ronde lors de la deuxième journée de l’université d’été de la e-santé.

L’ensemble des « 10 acteurs de cette blockchain » n’est pas encore connu, mais « cela interviendra dans les prochaines semaines », a expliqué Jean-Louis Fraysse, directeur associé de la société BotDesign, spécialisée dans les chatbots(assistants conversationnels) et l’analyse des données de santé.

A l’initiative de BotDesign, cette expérimentation unique en France s’articulera autour du consentement des patients dans le cadre du prélèvement et du don de peau après une intervention chirurgicale.

Ainsi, en partenariat « avec un CHU de la région » dont la localisation n’a pas encore été dévoilée, tout patient opéré aura la possibilité de confier ou non ses prélèvements de peau à la recherche.

Les tissus prélevés seront exploités par une « start-up occitane spécialisée », a indiqué Jean-Louis Fraysse, dont la société sera en charge du recueil de signature du consentement via ses chatbots.

« Le chatbot va expliquer et faire valider au patient les différentes étapes, paragraphe par paragraphe, et une signature électronique sera recueillie à la fin, mais il ne sera pas possible de faire défiler jusqu’au bout sans lire les conditions. Nous souhaitons que le consentement soit complet », a-t-il commenté.

Le consentement sera crypté et stocké dans un premier bloc sécurisé par chaîne de blocs informatiques. Là encore, un acteur de la « région montpelliéraine » s’occupera de la technologie de la blockchain: la start-up Hyperledger.

Avant l’opération, le chirurgien vérifiera le consentement du patient et après l’acte chirurgical, le compte-rendu opératoire sera à son tour stocké et sécurisé par un bloc.

Après cette nouvelle étape de consentement, un « smart contract » (protocoles informatiques qui s’auto-exécutent à certaines conditions) scellera la chaîne et informera la start-up en charge du prélèvement du feu vert des patients.

Pierre Fabre, lui, mettra à disposition des serveurs pour crypter et stocker des données destinées à la blockchain.

Pierre Fabre : un mineur parmi d’autres

En blockchain, le concept est simple: chaque bloc est stocké sur un serveur différent, ce qui garantit une traçabilité et une plus grande inaltérabilité des données (voir dépêche du 28 novembre 2017).

Pour « constituer un bloc, il faut que 50% du consortium donne son accord », a expliqué Jean-Louis Fraysse. Ce consortium comptera « dans un premier temps 10 acteurs appelés des ‘mineurs’ [acteurs qui vont crypter et stocker la donnée sur un serveur] dans le cadre de la blockchain« .

Aux côtés de Pierre Fabre et BotDesign, le consortium devrait être composé d’acteurs privés type start-up, d’établissements de santé, d’acteurs institutionnels et d' »au moins deux grosses associations de patients », a-t-il précisé.

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By |2018-07-11T11:35:37+00:00juillet 11th, 2018|Categories: Actualités adhérents, Brèves|Tags: , , , |Commentaires fermés sur Pierre Fabre et BotDesign s’allient dans un consortium de blockchain en santé